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Paris, 7 juin 2012

Découverte en Arabie de la plus ancienne perle fine archéologique au monde

Des chercheurs du laboratoire Archéologies et sciences de l'antiquité (ArScAn) (CNRS/Université Paris Ouest Nanterre La Défense/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/ministère de la culture et de la communication, Inrap) viennent de mettre en évidence la plus ancienne perle fine archéologique de l'humanité. Découverte sur un site néolithique de l'Emirat d'Umm al Quwain (Emirats Arabes Unis), elle est datée de 5500 ans avant notre ère. Ces résultats, alliés aux précédentes découvertes de perles fines faites sur le littoral de l'Arabie du sud-est, attestent dans cette région du monde de la plus ancienne pratique de pêche à l'huître perlière. Publiés dans la revue Arabian Archaeology and Epigraphy, ils montrent l'importance qu'elles pouvaient avoir dans les sociétés anciennes du Golfe persique et du nord de l'océan indien, au point même de constituer un élément majeur de leur identité culturelle. Ces travaux ont été financés par le CNRS, le ministère des Affaires étrangères (MAE), le département des Antiquités et des Musées de l'Emirat d'Umm al-Quwain (UAE) et le ministère de la Culture du Sultanat d'Oman.

Jusque-là, les gemmologues avaient popularisé l'idée que la plus vieille des perles fines (datée de 3000 ans avant notre ère) provenait d'un site préhistorique japonais. La perle qui vient d'être trouvée au sein de l'habitat côtier d'Umm al-Quwain 2, aux Emirats Arabes Unis, est issue d'un niveau daté par carbone 14 de 5547-5477, 5410-5235 ans avant notre ère. Il s'agit donc de la plus ancienne perle fine archéologique connue actuellement en Arabie mais aussi au monde. Cette découverte atteste que les perles fines étaient déjà collectées 2500 ans plus tôt dans cette aire géographique, pour leur valeur esthétique voire à des fins rituelles.

La présence de perles fines dans de nombreux sites néolithiques d'Arabie confirme leur pêche non seulement dans le Golfe persique mais aussi sur le littoral de l'Océan Indien (Mer d'Oman et Mer d'Arabie du Sultanat d'Oman). Ni l'Egypte, ni la Mésopotamie, l'Inde ou la Chine n'ont fourni de perles fines très anciennes, on en connait toutefois en Mésopotamie dès 3200-3000 ans avant notre ère.

En Arabie, la totalité des perles néolithiques retrouvées (101 au total) est issue de la grande huître perlière Pinctada margaritifera et de la Pinctada radiata, cette dernière étant beaucoup plus petite, plus facile à collecter et offrant des perles de plus grande qualité. Collectées au prix d'une pêche difficile et dangereuse, les perles fines étaient triées, pour privilégier les formes sphériques. Souvent blanches, opaques et mates du fait de leur altération, certaines sont pourtant remarquablement conservées, avec des tons blancs, roses, orangés, brunâtres et possèdent encore leur lustre d'origine. La nacre des huîtres constituait quant à elle une ressource capitale dans l'économie des sociétés néolithiques locales, puisque
c'est à partir des grandes valves de P. margaritifera qu'étaient produits les hameçons, destinés à capturer toute une gamme de poissons, jusqu'aux plus grands (thons ou requins).

Les perles fines occupaient une place particulière dans les rites funéraires. Ainsi, la perle retrouvée, non percée, était déposée dans la sépulture d'un individu dans la nécropole d'Umm al Quwain 2. Dans d'autres nécropoles, les perles étaient placées sur le visage du défunt, notamment au-dessus de sa lèvre supérieure. Des travaux récents ont montré qu'au Ve millénaire avant notre ère, les perles fines semi-percées étaient associées à des hommes, tandis que les perles entièrement perforées l'étaient à des femmes.

perle fine

© Ken Walton. Cette image est disponible à la photothèque du CNRS, phototheque@cnrs-bellevue.fr

La perle fine d'Umm al-Quwain 2 (E.A.U.), datée de 7500 ans, était associée au squelette n°4 de la nécropole.



Perles

© O. Brunet /FAMUAE.

18 perles fines provenant de l'habitat néolithique d'Akab (E.A.U.), datées de 6700-6100 ans.



Références :

Vincent Charpentier, Carl S. Phillips, Sophie Méry, 2012. Pearl fishing in the ancient world: 7500 BP. Arabian Archaeology and Epigraphy 23: 1-6. Arabian Archaeology and Epigraphy, revue internationale de rang A, est diffusée par John Wiley and Sons A/S

Contacts :

Chef de la mission archéologique « Ja'alan-Dhofar » au Sultanat d'Oman du MAE l Vincent Charpentier l T 01 46 69 24 87/06 85 41 28 85 l vincent.charpentier@mae.u-paris10.fr

Chercheur CNRS, directrice de la mission archéologique aux E.A.U du MAE l Sophie Méry l
T 0 1 46 69 24 87 l sophie.mery@mae.u-paris10.fr

Presse CNRS l Laetitia Louis l T 01 44 96 51 37 l laetitia.louis@cnrs-dir.fr


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