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Paris, 05/06/2012

L'information de spin semble trouver enfin son support pour l'électronique de demain : le graphène

Avec des centaines de millions de disques durs vendus chaque année et la prolifération des data-centers de géants de l'internet, le magnétisme reste aujourd'hui, de loin, la principale source de stockage de l'information à l'échelle mondiale. C'est en fait le « spin », le nano-aimant élémentaire du magnétisme, qui porte cette information. Bien au delà du stockage, il est pressenti comme l'un des vecteurs possibles de l'information pour l'électronique à faible consommation de demain. Cependant malgré plusieurs décennies de recherche intense, cet avènement se heurte au paradoxe de l'information de spin : alors même qu'elle est la plus prisée dans le stockage pour son caractère non-volatile, elle s'est révélée être des plus volatiles lorsqu'on cherche à la transporter. Des chercheurs de l'Université Paris-Sud, du CNRS et de Thales, en collaboration avec des collègues américains du GeorgiaTech, montrent que le graphène pourrait être le media idéal permettant d'envisager à terme la réalisation d'architectures complexes et de logiques s'appuyant sur le traitement d'informations à base de spin. Ces travaux viennent d'être publiés sur le site de la revue Nature physics.

Le traitement de l'information de spin est un paradigme possible pour l'électronique post-CMOS (complementary metal-oxide semiconductor)(1) et le transport efficace du spin sur de longues distances est un élément fondamental de cette vision. Cependant, malgré plusieurs décennies de recherche intense, une plateforme appropriée restait encore à trouver.

Des scientifiques de l'unité mixte de physique CNRS/Thales associée à l'Université Paris-Sud, de l'Institut Néel (CNRS), du laboratoire Thales Research and Technology et du Georgia Institute of Technology (USA) ont étudié le transport de spin dans des structures à deux terminaux de type polariseur / analyseur basés sur du graphène à haute mobilité obtenu par croissance épitaxiale sur du carbure de silicium. Ils ont démontré que le transport de spin dans le graphène est efficace jusqu'à 75% avec des signaux de spin de l'ordre du mega-ohm et des longueurs de diffusion de spin de plus 100 micromètres.

Ces résultats, fruits d'une collaboration entre spécialistes de l'électronique de spin et du graphène, permettent enfin de lever un verrou et d'entrevoir une plateforme potentielle pour le traitement de l'information de spin : le graphène, cette couche de carbone monoatomique avec une structure de nid d'abeille. La spintronique(2) associée au graphène pourrait être pressentie comme l'un des vecteurs possibles de l'information pour l'électronique à faible consommation de demain.


Notes :

(1) Technologie de fabrication de composants électroniques à base de silicium actuellement utilisée.
(2) La spintronique ou électronique de spin est une discipline qui exploite les propriétés quantiques du spin des électrons.

Références :

Highly efficient spin transport in epitaxial graphene on SiC, Bruno Dlubak, Marie-Blandine Martin, Cyrile Deranlot, Bernard Servet, Stéphane Xavier, Richard Mattana, Mike Sprinkle, Claire Berger, Walt A. De Heer, Frédéric Petroff, Abdelmadjid Anane, Pierre Seneor, and Albert Fert, Nature Physics, juin 2012.
DOI :10.1038/NPHYS2331, Consulter le site web

Contacts :

chercheur :
Pierre Seneor l 01 69 41 58 66 l pierre.seneor@thalesgroup.com

Presse :
Université Paris-Sud l Cécile Pérol l 01 69 15 41 99 / 06 58 24 68 44 l cecile.perol@u-psud.fr

CNRS l 01 44 96 51 51 l presse@cnrs-dir.fr

Thales l Florence Pontieux l 01 57 77 91 26 l florence.pontieux@thalesgroup.com


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