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Paris, 4 janvier 2012

Des résultats de datation extrêmement différents selon la méthode utilisée

Une différence de datation de 100 millions d'années a été mise en évidence par une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Hervé Sauquet du laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution (Université Paris-Sud/CNRS), en fonction de la manière dont sont combinées les données paléontologiques et génétiques d'un même groupe d'espèces. Ces résultats viennent d'être publiés en ligne dans la revue Systematic Biology.

Toutes les espèces qui ont vécu sur Terre n'ont pas laissé de traces fossiles et tous les fossiles n'ont pas encore été découverts et décrits. Certains fossiles sont très rares, voire complètement inconnus parmi les groupes de plantes et d'animaux. Par exemple, seuls trois fossiles ont été découverts pour les orchidées, l'une des plus grandes familles de plantes au monde comptant plus de 22 000 espèces vivantes.

Hêtres austraux

© Peter Wilf

Hêtre austral


Or l'étude des fossiles combinée aux données génétiques est une méthode utilisée par les chercheurs afin d'approcher le moment et les causes d'une divergence entre deux espèces.
Mais des résultats extrêmement différents obtenus selon la façon dont sont utilisés les fossiles pour « calibrer » les échelles de temps génétiques ont mis en évidence la nécessité d'améliorer les méthodologies utilisées aujourd'hui.

Une équipe de quatorze chercheurs, coordonnée par Hervé Sauquet, enseignant-chercheur au laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution (Université Paris-Sud / CNRS), et Simon Ho de l'Université de Sydney (Australie), a étudié les Hêtres austraux (genre Nothofagus). Ces arbres forment l'essentiel de la canopée des forêts humides du Chili, d'Argentine, d'Australie du sud-est, de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Guinée. Ces chercheurs ont compilé, d'une part, un ensemble de fossiles connus pour Nothofagus et ses plus proches parents (Hêtres, Chênes, etc…), dont la diversité de fossiles connus apparaît supérieure à la plupart  des autres groupes de plantes à fleurs. D'autre part, ils ont rassemblé les séquences d'ADN de la plupart des 35 espèces vivantes de Nothofagus et de 21 autres espèces apparentées.
Par combinaison des données fossiles (comparaison morphologique) et des données génétiques (variation des gènes), les chercheurs sont arrivés à la conclusion que le groupe Nothofagus pourrait avoir un âge totalement différent, d'une expérience à une autre. En effet, pour certaines, le groupe comprenant toutes les espèces vivantes de Nothofagus pourrait ne dater que de 13 millions d'années, un âge relativement jeune à l'échelle des temps géologiques, ou remonter jusqu'à 113 millions d'années. A cette époque, l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Australie et l'Antarctique formaient encore le supercontinent du Gondwana et les Dinosaures peuplaient la planète.


Références :

Testing the Impact of Calibration on Molecular Divergence Times Using a Fossil-rich Group: The Case of Nothofagus (Fagales) - Hervé Sauquet, Simon Y. W. Ho, Maria A. Gandolfo, Gregory J. Jordan, Peter Wilf, David J. Cantrill, Michael J. Bayly, Lindell Bromham, Gillian K. Brown, Raymond J. Carpenter, Daphne M. Lee, Daniel J. Murphy, J. M. Kale Sniderman, Frank Udovicic, Systematic Biology, 26 décembre 2011 (Consulter le site web)

Contacts :

Presse
Université Paris-Sud
Cécile PÉROL / 01 69 15 41 99 / 06 58 24 68 44 / cecile.perol@u-psud.fr

CNRS
01 44 96 51 51 / presse@cnrs-dir.fr


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