En biologie, le XXe siècle aura été marqué par une vision moléculaire du vivant avec la caractérisation du support physique de l'hérédité et la découverte de la structure en double hélice de l'ADN. Désormais, il est envisageable d'identifier toutes les espèces moléculaires (gènes, ARN, protéines, métabolites) d'une cellule, d'un organe ou d'un organisme. Toutefois, au terme de ce dénombrement, tout reste à faire pour comprendre l'organisation fonctionnelle de l'ensemble. On peut prédire que ce concept d'organisation va être un concept pivot de la biologie du XXIe siècle comme celui de structure l'a été pour la biologie du XXe siècle. Par organisation, on indique que c'est la prise en compte des relations entre les composants et pas seulement la nature (ou la structure) des composants qui permet de comprendre le fonctionnement. Avec l'étude du génome, du transcriptome, du protéome, etc…l'accroissement des données a conduit au développement d'outils de saisie, de stockage, d'analyse et de validation. Aujourd'hui, des stratégies sont nécessaires pour assurer l'intégration de ces données dans des modèles de fonctionnement des systèmes biologiques impliquant le passage d'une vision locale des propriétés de chaque composant élémentaire – gène, ARN messager, protéine – à une vision intégrée de leur fonctionnement au sein de processus biologiques.
L'activité du Consortium international Systemoscope s'inscrit ainsi dans cette stratégie d'intégration des connaissances. Parmi les missions que se sont fixées ses fondateurs :
- Promouvoir une éthique de la responsabilité et du partage entre les milieux académiques et industriels, entre le Nord et le Sud, par l'établissement d'un ensemble commun ouvertement partagé de connaissances, d'outils, de réactifs, de données et de droits de propriété intellectuelle.
- Concevoir et mettre en œuvre des approches interdisciplinaires, intégrées et standardisées sous assurance qualité, dans le but de développer des réactifs et des méthodes pour le diagnostic, la prévention et la thérapie au bénéfice du patient.
- Utiliser les technologies avancées de l'information et de la communication, comme les grilles de calcul en émergence, pour favoriser le travail coopératif en réseau, et disséminer rapidement les outils de la génomique fonctionnelle et de la biologie systémique.
- Collaborer à des projets à très grande échelle intégrant les outils et les ressources uniques des partenaires académiques en étroite interaction avec les associations de patients, les fournisseurs de technologies et les sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques.
Appréhender la complexité des systèmes biologiques, c'est le défi lancé par les membres du Consortium Systemoscope à la « Biologie Systémique », nouvelle branche de la biologie qui vise à comprendre le fonctionnement des systèmes vivants par l'étude de la complexité. Pour ce faire, ils se doivent de mettre en œuvre des stratégies interdisciplinaires ajoutant à l'expertise biologique des compétences en épistémologie, mathématiques, bio-informatique et informatique théorique, physique, management de projets...
Dans cet esprit, des initiatives sont déjà engagées dans différents pays, en particulier aux Etats-Unis et au Japon dont les représentants les plus éminents (notamment Leroy Hood à l'origine de très nombreuses sociétés en biotechnologie) sont les membres du consotium.
Symposium "Complexité des systèmes biologiques"
19 juin 2003, de 9h00 à 12h15
Institut Pasteur : 25-28, rue du Dr Roux, Paris 15ème