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Paris, 08 juin 2011

Mimivirus isolé, génome amputé

En absence de compétition avec d'autres microorganismes, Mimivirus, le plus grand virus à ADN connu, perd 17% de son génome. C'est ce que vient de démontrer une collaboration franco-américaine impliquant des chercheurs du CNRS, de l'Université de la Méditerranée et de l'Université de Provence(1). Ces résultats sont publiés en ligne, cette semaine, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Les Mimivirus, découverts en 2003 par deux équipes dirigées par le Professeur Didier Raoult, représentent le plus grand groupe de virus à ADN connu, possédant 900 gènes à eux seuls. Ils ont été repérés dans des amibes, êtres unicellulaires, se trouvant notamment dans les circuits de refroidissement d'eau des systèmes de climatisation. L'originalité de ce virus vient de sa taille et de sa vulnérabilité à être infecté par des petits virus : les virophages.

En milieu naturel, c'est-à-dire au sein des amibes, les Mimivirus vivent en « communauté ». Ils partagent leur espace amibien avec d'autres organismes tels que des virus et des bactéries. Des échanges constants de gènes chez ces microorganismes à vie intra-amibienne, aussi bien entre eux qu'avec leur hôte protozoaire ont permis cette évolution vers une vie en «communauté».

Les chercheurs ont cultivé de manière isolée le Mimivirus. En laboratoire, seul dans une amibe et sans contact avec d'autres microorganismes, ils ont observé, en évolution accélérée (seulement 150 passages(2)), une réduction de 17% de la taille de son génome. Cette perte génomique se fait pour l'essentiel sous forme de délétions(3) des deux extrémités de son génome. En absence d'autres microorganismes et donc de compétition au sein de l'amibe, le Mimivirus élimine, alors, une partie de son génome en supprimant notamment les gènes impliqués dans la formation de longues fibrilles qui entourent sa capside(4). Le Mimivirus devient ainsi "chauve". Les chercheurs ont également observé qu'il devenait résistant aux virophages.

Ce travail montre qu'un changement d'écosystème peut être associé à une modification majeure et rapide du génome des microorganismes.


Notes :

(1)Unité de Recherche sur les Maladies Infectieuses et Tropicales Émergentes (CNRS/Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II)) et Unité Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques (CNRS/Universités d'Aix-Marseille I et II).
(2)Le mimivirus se multiplie dans sur une amibe en 2-3 jours, avant qu'elle n'éclate. Un échantillon du Mimivirus est prélevé puis réintégré dans une nouvelle amibe. Tout ceci est répété de nombreuses fois.
(3)Perte d'un fragment D'ADN constituant une cause de mutation.
(4)Enveloppe qui entoure le génome viral.

Références :

Mimivirus shows dramatic genome reduction after intra amoebal culture, Mickaël Boyer, Saïd Azza, Lina Barrassi, Thomas Klose, Angélique Campocasso, Isabelle Pagnier, Ghislain Fournous, Audrey Borg, Catherine Robert, Xinzhen, Zhang, Christelle Desnues, Bernard Henrissat, Michael G. Rossmann, Bernard La Scola et Didier Raoult, Proceedings of the National Academy of Sciences USA, juin 2011.

Contacts :

Chercheur l Bernard Lascola l T 33 (0)6 11 16 56 72 l bernard.lascola@univmed.fr
Presse CNRS l Laure Mégas l T 33 (0)1 44 96 51 51 l presse@cnrs-dir.fr


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