
26 janvier 2010
Le 14 janvier 2010, le navire australien Austral leader II a quitté la ville du Port (La Réunion) en direction de la ZEE de Crozet dans l'océan Austral. Cette zone est remarquable pour sa ressource en légine australe, l'un des poissons à plus haute valeur économique, dont la France possède le premier quota au monde. Les stocks de cette espèce sont protégés par la mise en place de quotas de pêche définis par le préfet, administrateur des Taaf, selon avis du Muséum national d'Histoire naturelle. Aujourd'hui, cet équilibre est menacé par la déprédation des orques et des cachalots, qui ont pris l'habitude de se servir sur les lignes de pêche, perturbant ainsi leurs propres régimes alimentaires, la gestion de la ressource en légines et les rendements de la pêcherie.
L'utilisation performante des casiers permettrait une meilleure gestion des stocks de légines grâce à une meilleure sélection de la taille des poissons pêchés et limiterait la mortalité aviaire liée aux palangres. L'évaluation de la viabilité économique de la pêche aux casiers par rapport à la pêche à la palangre sera cruciale pour maintenir la pêcherie et la production commerciale autour des îles Crozet.
Composé de 14 personnes, l'équipage, embarqué sur le navire australien Austral Leader II, est composé de deux scientifiques de l'Ifremer, d'un chercheur du CNRS, de deux contrôleurs de pêche, de quatre représentants des armements et d'un représentant de la société Le Drezen. Leur mission est de tester 11 prototypes de nasses : 300 mises à l'eau de ces différents types de nasses permettront de déterminer quels sont les engins les plus efficaces et de comparer leurs performances avec celles des palangriers.
La légine australe - Dissostichus eleginoides - est l'une des rares espèces capable de coloniser l'océan Austral grâce à la présence de composés antigels dans son sang. Ce poisson riche en oméga 3 est aujourd'hui très prisé des tables asiatiques et américaines. Cette forte demande a fait de la pêcherie à la légine un moteur économique majeur pour la ville du Port, avec un chiffre d'affaires de plus de 42 millions d'euros en 2008/2009. Les pêches hauturières des Terres australes et antarctique de France génèrent environs 300 emplois directs et 1200 emplois indirects à La Réunion.
La campagne ORCASAV est le fruit d'un consortium de professionnels de la pêche, d'industriels, d'administrations et de scientifiques qui ont décidé d'unir leurs compétences pour trouver une solution alternative à un mode de pêche qui met en péril l'équilibre écologique et économique de l'exploitation de la légine australe. Le GME- SARPC (Groupement Momentané d'Entreprises créé par le Syndicat des Armements Réunionnais de Palangriers et Congélateurs) a désigné comme pilote du projet l'un des six armements qui exploitent la légine, le Cap Bourbon. L'Ifremer est le coordinateur scientifique du projet, le Muséum national d'Histoire naturelle et le CNRS ont élaboré le protocole de recueil des données halieutiques et relatives à la déprédation exercée par les orques et analyseront conjointement les données. Enfin, l'entreprise de matériel de pêche Le Drezen a assuré la construction des prototypes de nasses utilisées. ORCASAV est également la traduction concrète de l'engagement 135f du Grenelle de la mer de « faire des Taaf un espace de recherche et d'excellence en matière de pratiques maritimes durables. »
(1) Syndicat des Armements Réunionnais de Palangriers Congélateurs
(2) Ligne de pêche sur laquelle sont fixés des hameçons tous les 1,20 mètres.
Téléchargez le communiqué de presse Orcasav, le dossier de presse Orcasav.

© Paul Tixier, CEBC - CNRS

© Paul Tixier, CEBC - CNRS

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