Souvent comparée à la capitale nabatéenne Pétra (Jordanie) pour ses grands tombeaux de grès taillés dans la roche, Hégra est occupée principalement entre le 1er siècle avant J-C et le 6ème siècle après J-C. Tour à tour ville nabatéenne puis romaine, elle prend son apogée au 1er siècle après J-C, à l'époque nabatéenne. Sur la piste caravanière reliant l'Arabie du Sud, le Yémen à la Méditerranée, Hégra a su tirer parti du commerce de l'encens et des aromates dont les Nabatéens contrôlaient le transport par les routes terrestres.
Cette campagne placée sous l'égide de la commission saoudienne pour le tourisme et les antiquités s'inscrit dans un programme de fouilles de grande envergure sur la période 2008-2012. Les fouilles menées par l'équipe franco-saoudienne portent sur trois groupes de vestiges : les tombeaux rupestres aux façades décorées, un ensemble de monuments religieux situés dans un massif de grès et la zone résidentielle qui doit continuer à être fouillée cette année. La mission qui rassemble chaque année une vingtaine de spécialistes est dirigée par l'archéologue Laïla Nehmé, chargée de recherche au laboratoire Orient et Méditerranée (CNRS/Université Paris IV/Université Paris 1/Ecole pratique des hautes études Paris), spécialiste de l'Arabie du Nord-Ouest, François Villeneuve professeur à l'Université Paris 1 et membre du laboratoire Archéologie et sciences de l'Antiquité (CNRS/Université Paris 1/Université Paris-Ouest) et par Dhayfallah al-Talhi, professeur à l'Université de Haïl (Arabie Saoudite). Elle est financée par le Ministère des Affaires étrangères, l'Ambassade de France à Riyad et par la Fondation Del Duca, dont la mission a obtenu le grand prix d'archéologie en 2008 (1) .
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Le site de Madâ'in Sâlih. Cette image est disponible à la photothèque du CNRS : phototheque@cnrs-bellevue.fr © mission archéologique Madâ'in Sâlih |
Notes :
(1) Ce prix d'un montant de 200 000 euros est attribué chaque année par la Fondation Del Duca à des missions archéologiques.