>
Paris,
Augmentation
de la consommation de charbon et croissance du PIB
Cette étude,
réalisée par un groupe d'experts appartenant au projet international « Global
Carbon Project (GCP)(1) », rassemblant
plusieurs chercheurs du CNRS, du CEA et de l'UVSQ (2), indique que l'accroissement
des émissions est principalement lié à l'augmentation de la consommation de
charbon alors qu'une très légère diminution des émissions liées à la
consommation de pétrole et à la déforestation est observée.
Cet
accroissement est par ailleurs fortement corrélé à la croissance du PIB. Les
émissions liées à la combustion des énergies fossiles se sont accrues de 41 %
depuis 1990, continuant ainsi à être proche du scénario de plus forte émission
défini par le GIEC. La crise a provisoirement infléchi la tendance des
émissions mais les émissions devraient repartir à la hausse dès la reprise
économique si les efforts de réduction globale des émissions ne sont pas
accentués.
Dans les
pays en développement, l'augmentation des émissions est en partie liée à la
production de produits manufacturés pour l'exportation. Ainsi, en Chine, 50 %
de la croissance des émissions entre 2002 et 2005 correspond à la production de
produits pour l'exportation.
Des puits de carbone vulnérables
L'étude
indique que l'accroissement du CO2 atmosphérique en 2008 a été de 4 milliards
de tonnes de carbone et sa concentration a atteint 385 parties par million,
soit 38 % de plus que le niveau de l'ère pré-industrielle.
L'étude
montre également que les puits de carbone naturels - l'océan et la biosphère
continentale -, jouant un rôle important dans la régulation des émissions
anthropiques (4) n'ont pas été capables de
suivre l'augmentation rapide des émissions.
Environ 45 %
des émissions anthropiques s'accumulent dans l'atmosphère, le reste (55 %)
étant absorbé par l'océan, les sols et la végétation. Cependant, la fraction
des émissions restant dans l'atmosphère a tendance à augmenter depuis 50 ans.
Les puits de carbone sont ainsi vulnérables à l'accélération des émissions de CO2
et au changement climatique induit. Ils deviennent de moins en moins efficaces
pour limiter l'impact des émissions.
Plus de
trente experts des principaux laboratoires internationaux de recherche sur le
climat et le cycle du carbone ont contribué à cette analyse du GCP.
Côté français, cette étude a bénéficié de récents travaux menés aux laboratoires LOCEAN et LSCE de l'IPSL. En particulier, les analyses de l'observatoire océanique S.O.OISO (5) ont été intégrées dans cette synthèse afin d'évaluer l'évolution du puits de carbone océanique. De nouvelles simulations du cycle du carbone océanique (6) et continental (7) ont été réalisées et ont contribué à cette analyse.
Emissions de carbone liées à la combustion des énergies fossiles
La courbe noire en gras correspond à la réalité observée par rapport aux scenarios d'émission prédits par le GIEC (A1F1, A1B, A1T et B2, A2, B1)
(1) GCP, Global Carbon Project, Consulter le site web
(2) Le laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE : CEA-CNRS-UVSQ) et le laboratoire d'océanographie du climat : expérimentation et approches numériques (LOCEAN : CNRS-IRD-UPMC-MNHN) sont partie prenantes de la fédération de recherche « Institut Pierre Simon Laplace (Consulter le site web)
(3) Les émissions de CO2 anthropiques sont les émissions de carbone liées aux activités humaines.
(4) S.O.OISO : Océan Indien Service d'Observations (CNRS-INSU, IPSL, IPEV)
(5) Modèle océanique NEMO-PISCES (Outil national, CNRS-INSU, IPSL)
(6) Modèle continental ORCHIDEE (LSCE-IPSL)
« Trends in the sources and sinks of carbon dioxide », Corinne Le Quéré, Michael R. Raupach, Josep G. Canadell, Gregg Marland, Laurent Bopp, Philippe Ciais, Thomas J. Conway, Scott C. Doney, Richard A. Feely, Pru Foster, Pierre Friedlingstein, Kevin Gurney, Richard A. Houghton, Johanna I. House, Chris Huntingford, Peter E.Levy, Mark R. Lomasl, Joseph Majkutl, Nicolas Metzl, Jean P. Ometto, Glen P. Peters, I. Colin Prentice, James T. Randerson, Steven W. Running, Jorge L. Sarmientol, Ute Schuster, Stephen Sitch, Taro Takahashi, Nicolas Viovy, Guido R. van der Werf and F. Ian Woodward, Nature Geoscience, doi:10.1038/NGEO689
Chercheur :
Corinne Le Quéré - +44 1603 592840 – mobile 44.789.055.60.96
Presse:
Claire Le Poulennec – 01 44 96 49 88 – claire.le-poulennec@cnrs-dir.fr
Derniers communiqués
Toutes disciplines confondues