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Paris, 23 novembre 2009
Près de la moitié des émissions de gaz carbonique (CO2)
résultant de l'activité humaine s'accumule dans l'atmosphère, et contribue
ainsi au réchauffement climatique. Le reste est stocké dans les océans et les
écosystèmes terrestres tels que les forêts ou les prairies. « Les écosystèmes
terrestres et aquatiques nous offrent ainsi un rabais de 50% sur le
réchauffement climatique et leur gestion constitue l'un des principaux outils
pour atténuer l'évolution du climat, explique Philippe Ciais, Directeur adjoint
du LSCE. Cependant, l'inventaire détaillé des puits et sources des trois
principaux gaz à effet de serre (CO2, méthane, oxyde nitreux) révèle que, pour
le continent européen, ce rabais n'est peut-être pas aussi important que cela.
»
En effet, une étude réalisée par une équipe internationale,
comprenant plusieurs chercheurs du LSCE, fournit le premier bilan des flux de
gaz à effet de serre échangés entre l'atmosphère et le continent européen.
Cette équipe a été capable d'améliorer des bilans précédents en produisant deux
estimations indépendantes. La première est basée sur des mesures directes des
flux de gaz à effet de serre à l'échelle de parcelles, qui sont ensuite
combinées à des modèles de fonctionnement de la biosphère. La seconde,
qualifiée d'approche inverse, consiste à déduire les emplacements de puits et
de sources de carbone des différences de mesures de concentration en des points
distincts du globe. Ce nouvel inventaire confirme l'existence d'un important
puits de carbone dans les forêts et prairies européennes qui compense environ
15% des émissions associées à la combustion d'énergies fossiles.
« Cependant, l'ensemble des écosystèmes européens étant
gérés, ils émettent de l'oxyde nitreux via la fertilisation des prairies et des
cultures ainsi que du méthane provenant des tourbières ou de la fermentation
entérique des ruminants », poursuit Philippe Ciais.
L'inventaire réalisé révèle que les émissions de méthane et
d'oxyde nitreux compensent presque entièrement le puits biosphérique de CO2,
laissant aux écosystèmes terrestres d'Europe la capacité d'absorber seulement
l'équivalent de 2% des émissions domestiques, industrielles et dues au
transport.
« Nos recherches suggèrent que la réduction des émissions de
méthane et d'oxyde nitreux liées à la gestion des terres doit être une priorité
si l'on veut que les écosystèmes terrestres d'Europe contribuent davantage à
atténuer le réchauffement climatique », conclut Philippe Ciais.
Schulze et al 2009. Importance of methane and nitrous oxide for Europe's terrestrial greenhouse-gas balance. Nature Geoscience, 2, December 2009.
Presse
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UVSQ : Robert Rivoire – 01 39 25 78 63 – robert.rivoire@uvsq.fr
Chercheur :
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