L'édifice de plan circulaire, que vient de dégager partiellement l'équipe d'archéologues dirigée par Françoise Villedieu du Centre Camille Jullian (CNRS/Université de Provence), appartient certainement à un corps de bâtiment du palais de Néron. Ce « nouveau » pavillon de la Domus Aurea pourrait être conservé sur environ 60 m de longueur, ainsi que le révèlent quelques indices.
Au stade actuel, les fouilles ont mis au jour un court tronçon du mur qui circonscrit la rotonde : un mur de 2,10 m d'épaisseur, qui dessine un cercle mesurant 16 m de diamètre. Au centre se dresse, sur plus de 10 m de hauteur, un pilier de 4 m de diamètre. Le pilier et le mur sont reliés par deux séries d'arcs placés en position radiale, qui couvrent l'un le rez-de-chaussée, en cours de fouille, l'autre le premier étage. Sept arcs ont déjà été vus : quatre au niveau supérieur - parmi lesquels un seul est intact – et trois au niveau inférieur.
Les murs, bien que réalisés avec le plus grand soin, sont dépourvus de revêtements décoratifs, un détail qui nous apprend que les salles concernées étaient des espaces de service. L'étage noble devait donc nécessairement se trouver au-dessus, à un niveau où l'on observe que le sommet des maçonneries ne conserve aucune trace de l'arrachement d'une couverture ou de murs.
Le seul vestige de cet aménagement se présente sous la forme de trois cavités hémisphérique mesurant 23 cm de diamètre, qui devraient avoir servi de logement à des sphères en bronze ou en basalte. Les cavités, qui évoquent nos roulements à billes, la forme circulaire de l'édifice et les dimensions du pilier central laisse supposer que cet édifice serait la « cenatio rotunda » dont parle Suétone, une salle à manger qui était ronde et tournait sur elle-même, jour et nuit, en imitant le mouvement du monde. Il faut donc imaginer un pavement de bois articulé autour d'un axe fixé dans ou sur le pilier central, et entraîné par un mécanisme assisté par les sphères. L'hypothèse, pour devenir certitude, devra être renforcée par de nouvelles données, que seule l'extension de la fouille peut fournir, tout en livrant les informations complémentaires nécessaires afin de mieux comprendre le fonctionnement du dispositif qui devait assurer une rotation lente, mais continue, de la cenatio.
Il est déjà possible d'affirmer qu'il s'agit d'un édifice exceptionnel. La base étonne par ses qualités architecturales et l'étage noble occupait une position privilégiée en hauteur. De là, on dominait le parc et l'atrium du palais et le regard portait sur la plus grande partie de la ville : Capitole, Forum, Caelius, Palatin...
Dans le cadre d'un programme de préservation des vestiges antiques, la nécessité de mener une enquête complémentaire sur le système adopté au Ier siècle pour créer la grande terrasse artificielle de la Vigna Barberini s'est imposée. Mariantonietta Tomei, responsable du Palatin au sein de la Soprintendenza archeologica, a confié la direction de cette fouille à Françoise Villedieu du Centre Camille Jullian (CNRS/Université de Provence). Si les résultats recueillis au cours d'une campagne qui a duré deux mois (et vient de s'achever, le 25 septembre) ont permis d'atteindre le but fixé, ils ont aussi largement dépassé l'attente des intervenants. En conséquence, la Soprintendenza archeologica et le Ministero per i Beni culturali ont décidé d'étendre la fouille au cours des prochains mois.

© F. Villedieu
Mur de la rotonde et vue du chantier

© F. Villedieu
Pilier central (Haut 10m x 4m diamètre)