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Paris, 23 juin 2009

Découverte du plus ancien mammifère apparenté aux éléphants

Emmanuel Gheerbrant, paléontologue au Centre de recherche sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements (1), vient de découvrir l'un des plus anciens ongulés modernes apparenté aux éléphants. Les résultats sont publiés cette semaine dans la revue PNAS.

Les débuts de la diversification des mammifères modernes (placentaires) restent mal connus à ce jour par manque de fossiles, particulièrement dans certains continents-clés de l'hémisphère Sud tels que l'Afrique. Emmanuel Gheerbrant, chargé de recherche au CNRS, signale, dans le cadre d'une convention de collaboration franco-marocaine entre notamment le Muséum et l'Office Chérifien des Phosphates (2), la découverte d'un des plus anciens ongulés modernes dans des niveaux paléocènes du Maroc. Âgé d'environ 60 millions d'années, ce mammifère fossile appartient à une nouvelle espèce nommée Eritherium azzouzorum. Il provient du même bassin à phosphates des Ouled Abdoun (Maroc) que Phosphatherium escuilliei (3), qui était, jusqu'à la découverte d'Eritherium, le plus ancien représentant des éléphants (55 millions d'années), mais de couches sédimentaires plus basses. C'est le plus ancien représentant connu des ongulés africains (paenungulés), et en particulier de l'ordre des éléphants (proboscidiens (4)) dont il conforte l'origine africaine ancienne.

Eritherium azzouzorum est petit (4 à 5 kg) et extraordinairement primitif. Il témoigne de l'émergence d'un ordre d'ongulés modernes à un stade archaïque inédit, illustré par des réminiscences originales chez les proboscidiens avec des groupes primitifs, parmi les condylarthres (5) (louisininés, éteints) ou les afrothères  (« rats » à trompes, Eocène-Actuel). Son grade primitif indique d'une part une évolution rapide des proboscidiens au passage Paléocène-Eocène (6) (tel que l'augmentation de la taille), et d'autre part la radiation (diversification) rapide des ongulés africains après la crise Crétacé-Tertiaire il y a 65 millions d'années.

Photo_Elephant1

© MNHN, UMR 7207, C. Lemzaouda et P. Louis

Vue du spécimen type (crâne) du proboscidien Eritherium azzouzorum


Photo_Elephant2

© MNHN, UMR 7207, D. Geffard

Carte du bassin à phosphates des Ouled Abdoun (Maroc), et localisation du secteur de Sidi Chennane (cercle) où a été trouvé Eritherium azzouzorum


 

 


Notes :

(1) UMR 7207 (MNHN/CNRS/Université Pierre et Marie Curie)
(2) Convention de recherches paléontologiques MNHN-OCP-Ministère de l'Energie et des Mines (Rabat)-Université Cadi Ayyad (Marrakech)-Université Chouaib Doukkali (El Jadida) ; Consulter le site web
(3) 55 millions d'années, découvert en 1996 par la même équipe
(4) L'ordre des éléphants ou Proboscidiens n'est représenté aujourd'hui que par 3 espèces, mais il a une longue et très riche histoire évolutive passée illustrée par 180 espèces fossiles.
(5) Ongulés archaïques qui se sont développés à la fin du Crétacé et au début du Tertiaire, et sont à l'origine des herbivores modernes.
(6) La transition entre le Paléocène et l'Eocène s'est déroulée il y a environ 55 millions d'années.

Références :

Emmanuel Gheerbrant. Paleocene emergence of elephant relatives and the rapid radiation of African ungulates. PNAS, 22 juin 2009.

Contacts :

presse
CNRS
Priscilla Dacher
T 01 44 96 46 06
priscilla.dacher@cnrs-dir.fr

Muséum
Estelle Merceron
T 01 40 79 54 40
merceron@mnhn.fr


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