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Paris, 20 mai 2009

Découverte d'une nouvelle espèce éteinte de lémurien à Madagascar

Une troisième espèce de paléopropithèque, un groupe de lémuriens de grande taille aujourd'hui disparu, vient d'être mise à jour dans le nord-ouest de Madagascar par une équipe franco-malgache (UPR 2147-CNRS et Université de Mahajanga(1)). Baptisé Palaeopropithecus kelyus, ce nouveau spécimen se révèle plus petit que les deux autres espèces déjà connues et son alimentation plus coriace. Cette découverte renforce l'image d'une biodiversité plus riche qu'aujourd'hui dans un passé assez proche (Pléistocène supérieur et début de l'Holocène). Ces résultats, actuellement disponibles en ligne, seront publiés dans les Comptes Rendus de l'Académie des Sciences Palevol de juillet-août 2009.

Madagascar constitue l'un des derniers grands sanctuaires mondiaux de la biodiversité, notamment grâce à ses milieux naturels à fort taux d'endémisme. L'île abrite entre autre un groupe particulier de primates, les lémuriens, ces petits mammifères dont la population actuelle compte environ 71 espèces pour 15 genres.

Le genre Palaeopropithecus est un groupe de lémuriens géants subfossiles (2) dont deux espèces avaient été décrites jusqu'à présent : P. ingens (en 1898) et P. maximus (en 1903). Les paléopropithèques présentaient des adaptations très particulières, notamment pour leur locomotion puisqu'ils se déplaçaient accrochés aux branches par leurs quatre membres avec la tête en bas, à la manière des paresseux actuels d'Amérique du Sud.

Les récentes découvertes de la mission MAPPM (1) sur des sites au nord-ouest de Madagascar permettent d'établir l'existence d'une troisième espèce de paléopropithèque, baptisée P.kelyus, dont les scientifiques soupçonnaient l'existence depuis plus de 20 ans. P.kelyus est plus petite que les deux espèces connues avec un poids estimé aux alentours de 35 kg. Par comparaison, le plus grand lémurien actuel, l'Indri, ne pèse que 10 kg.

Par ailleurs, la principale différence concernant ce nouveau spécimen porte sur la taille de ses dents, plus petites. En effet, le fragment maxillaire subfossile de P.kelyus permet de décrire les caractères dentaires de cette nouvelle espèce, tels que la présence d'une crista obliqua, d'un parastyle et d'un mésostyle très développés. Cette morphologie rappelle celle du genre actuel Propithecus. Si l'alimentation des paléopropithèques devait être constituée de feuilles et de fruits, les différences au niveau des dents de P.kelyus suggèrent que cet animal pouvait mastiquer des aliments plus coriaces (notamment des graines) par rapport aux deux autres espèces anciennement connues. P.kelyus a été trouvé dans une région très particulière du nord-ouest de Madagascar (Région du Boeny, Province de Mahajanga) située entre de grandes baies et d'importants fleuves. Cette topographie peut avoir isolée P.kelyus des deux autres espèces de paléopropithèques qui vivaient plutôt au Sud ou au Centre et au Nord de Madagascar.

Au sein de ce véritable laboratoire de l'évolution que constitue Madagascar, la découverte de ce troisième paléopropithèque participe à la compréhension de la faune subfossile des espèces. Plus largement, il s'agit également d'étudier le peuplement humain de l'île.

Lemurien 1

© D. Gommery - MAPPM & CNRS

Vue générale du site de Belobaka d'où provient le type de P.kelyus



Lémurien 2

© D. Gommery- MAPPM & CNRS

Vue du fragment maxillaire de P.kelyus dégagé de sa gangue




Notes :

(1) Le projet Mission archéologique et paléontologique dans la province de Mahajanga (MAPPM) est une collaboration franco-malgache entre l'UPR 2147 du CNRS (Dynamique de l'Évolution Humaine : Individus, Populations, Espèces) et l'UFR Mozea Akiba de l'Université de Mahajanga, financée par la sous direction de l'archéologie et de la recherche en sciences sociales du ministère des Affaires étrangères et européennes, le CNRS et l'Université de Mahajanga.

(2) Les subfossiles sont des espèces disparues à l'époque historique ou préhistorique, voisinant avec des espèces actuelles. Leurs ossements ne sont pas totalement reminéralisés comme pour les fossiles classiques.

Références :

D.Gommery et al., C.R. Palevol, Tome 8 fascicule 5, juillet-août 2009 © 2009 Académie des sciences / Elsevier Masson (DOI : 10.1016/j.crpv.2009.02.001)

Cet article est actuellement accessible en ligne depuis la base d'articles d'Elsevier, ScienceDirect, et sur le site des Comptes Rendus Palevol cette adresse électronique : Consulter le site web

Contacts :

Chercheurs CNRS l Dominique Gommery l
T 01.43.13.56.19 / 06.30.41.89.31 l dominique.gommery@evolhum.cnrs.fr

Presse CNRS l Elsa Champion l T 01.44.96.43.09 l elsa.champion@cnrs-dir.fr

Presse Académie des Sciences l Marie-Laure Moinet l
T 01.44.41.45.51 l presse@academie-sciences.fr


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