
Paris, 26 novembre 2003
Depuis 10000 ans, les sociétés humaines élèvent et sélectionnent les bovins pour couvrir le mieux possible leurs besoins alimentaires. Elles ont rapidement compris l'intérêt d'une source importante et permanente de nourriture. Parmi les produits obtenus grâce à l'élevage, le lait de vache représente une riche source de protéines animales.
L'enzyme qui nous permet de digérer le lactose présent dans le lait est la lactase. Dans le passé, une nouvelle forme du gène codant pour la lactase est apparue chez l'homme, lui permettant de tirer encore plus de bénéfice du lait de vache. Un fort pourcentage d'européens du Nord est capable de tolérer et de digérer le lactose. Cette particularité est le reflet d'un avantage sélectif qui s'est opéré dans ces populations où les produits laitiers occupent une place importante.
Trois chercheurs du CNRS, Albano Beja-Pereira, Gordon Luikart, Phillip England, et leurs collègues européens se sont demandés quelles pouvaient être les conséquences de la consommation de lait sur les vaches elles-mêmes. Ils ont analysé chez plus de 20000 vaches provenant de 70 races, le polymorphisme des six plus importantes protéines du lait. Leurs résultats, publiés dans Nature Genetics, sont surprenants : la région où ils ont trouvé le plus grand polymorphisme des protéines du lait est le centre-nord de l'Europe. Or, cette région correspond non seulement à une zone où le pourcentage de personnes tolérant le lactose est le plus important, mais aussi au centre géographique d'une culture néolithique basée sur l'élevage et sur le lait.
Les auteurs en concluent que les humains et les vaches ont eu une forte influence mutuelle sur leurs génomes. L'élevage pour le lait a eu pour conséquence l'augmentation de la diversité génétique des gènes des six protéines du lait chez les vaches du centre-nord de l'Europe. D'autres gènes ont probablement subi la même influence. Ces vaches représentent une source de diversité génétique unique pour l'amélioration de la qualité de la production laitière et peut-être d'autres caractères.
Gene-culture coevolution between cattle milk protein genes and human lactase genes
Albano Beja-Pereira1,2, Gordon Luikart1, Phillip R England1, Daniel G Bradley3, Oliver C Jann4, Giorgio Bertorelle5, Andrew T Chamberlain6, Telmo P Nunes7, Stoitcho Metodiev8, Nuno Ferrand2, 9 & Georg Erhardt4
1. Laboratoire d'Ecologie Alpine, Génomique des Populations et Biodiversité, CNRS UMR 5553, Université Joseph Fourier, B.P. 53, 38041 Grenoble, Cedex 9, France.
2. Centro de Investigação em Biodiversidade e Recursos Genéticos (CIBIO-UP) and Secção Autónoma de Ciências Agrárias, Faculdade de Ciências, Universidade do Porto, Campus Agrário de Vairão, Rua Padre Armando Quintas, 4485-661 Vairão (VCD), Portugal.
3. Department of Genetics, Smurfit Institute, Trinity College, Dublin 2, Ireland.
4. Institut für Tierzucht und Haustiergenetik, Justus-Liebig-Universität Gieen, Ludwigstr. 21b, 35390 Gieen, Germany.
5. Department of Biology, University of Ferrara, 44100 Ferrara, Italy.
6. Department of Archaeology and Prehistory, University of Sheffield, Sheffield S1 4ET, UK.
7. CIISA/UISEE/DETSA, Faculdade de Medicina Veterinária, Polo Universitário da Ajuda, Rua Prof. Cid dos Santos, 1300-477 Lisboa, Portugal.
8. Department of Genetics and Animal Breeding, Thracian University, Agricultural Faculty, 6000 Stara Zagora, Bulgaria.
9. Departamento de Zoologia/Antropologia da Faculdade de Ciências Praça Gomes Teixeira, 4099-002 Porto, Portugal.
Contact chercheur
Albano Beja-Pereira
Laboratoire d'écologie alpine
Tél : 04 76 63 54 37
Mél : albano.beja-pereira@ujf-grenoble.fr
Contact département des Sciences de la vie :
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Tél : 04 44 96 40 26
Mél : francoise.tristani@cnrs-dir.fr
Contact presse :
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Mél : muriel.ilous@cnrs-dir.fr
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