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Paris, 29 juillet 2008
Les
batteries lithium-ion permettant de stocker trois à quatre fois plus d'énergie
par unité de masse que les batteries classiques ont envahi le marché des
systèmes nomades (ordinateurs, téléphones portables, baladeurs, etc…). Les
matériaux d'électrodes positives de ces batteries ont des performances excellentes
mais un coût trop élevé pour être utilisés dans les grosses batteries des
véhicules électriques et des véhicules hybrides de deuxième génération. Le
matériau d'avenir pour ces applications est le phosphate de fer et de
lithium : écologique, il possède des propriétés exceptionnelles alliées à
un faible coût et une bonne stabilité thermique, élément essentiel pour la
sécurité. Toutes ces caractéristiques en font le candidat le plus à même
d'équiper les batteries lithium de nos futures voitures électriques.
Paradoxalement, ce matériau ne présente pas les propriétés de conduction
ionique et électronique requises pour le fonctionnement de l'électrode.
Des
chimistes CNRS de l'Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux
(ICMCB) ont réussi, pour la première fois, à interpréter ce paradoxe. En
étudiant du phosphate de fer et de lithium, dans le cadre d'une collaboration
avec une équipe du CEA-Liten, ils ont montré que les cycles de charge et
décharge de la batterie sont possibles grâce au « domino cascade
processus ». Ce phénomène se manifeste dès lors qu'il existe des
contraintes à l'interface entre le matériau qui se décharge et le matériau à
l'état déchargé. La conduction électronique et ionique est alors extrêmement
rapide dans la zone interfaciale ; elle se propage de proche en proche,
tels des dominos, au fur et à mesure que l'interface se déplace. Ce modèle a
été vérifié par des mesures microscopiques.
© ICMCB (cette image est disponible auprès de la photothèque du CNRS, phototheque@cnrs-bellevue.fr) Les nanoparticules de phosphate de fer et de lithium (100 nm) constituant l'agglomérat sont transformés individuellement durant la charge de la batterie via le « domino cascade processus ».
(1) Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux (ICMCB) est une unité propre du CNRS, rattachée à l'Université de Bordeaux (les travaux ont été effectués sur le site de l'ENSCPB).
(2) CEA-Liten : Laboratoire d'innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux.
Lithium deintercalation in LiFePO4 nanoparticles via a domino-cascade model, C. Delmas, M. Maccario, L. Croguennec, F. Le Cras, F. Weill, Nature Materials, août 2008.
Presse
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