
Paris, 15 février 2008
Des tremblements au repos, une certaine rigidité, un extrême ralentissement des mouvements, des troubles de la marche : le syndrome parkinsonien touche près de 6,3 millions de personnes dans le monde. Cette affection neuro-dégénérative se traduit par la disparition prématurée, lente et progressive des neurones produisant la dopamine. En découle une diminution significative de dopamine, à l'origine des symptômes, notamment moteurs, de la maladie. D'autres neurotransmetteurs (noradrénaline, sérotonine, acétylcholine) sont également affectés.
Le groupe de recherche piloté par Erwan Bézard, chargé de recherche Inserm au sein de l'unité "Mouvement, adaptation et cognition" (CNRS / Université Bordeaux 1 et 2) avait déjà montré que les effets secondaires indésirables de
Malgré une réponse normale du cerveau à une première administration de L-Dopa, les chercheurs ont démontré, grâce à une modélisation extrêmement fine des stades cliniques chez le primate(3) associée à une analyse des protéines concernées à large échelle, que cette première exposition induit des modifications irréversibles au niveau de la machinerie «protéique» cérébrale. En effet, les profils protéiques du striatum (zone du cerveau) des primates traités pour la première fois sont similaires à ceux des animaux sous L-Dopa depuis 4 à 5 mois. Précisément l’équipe a montré qu’une heure après la première absorption de ce médicament, des transformations irrémédiables s’étaient déjà opérées au niveau du protéome (c'est-à-dire l'ensemble des protéines synthétisées par une cellule). C'est la première fois que de tels mécanismes sont effectivement démontrés chez l'animal.
Sachant qu’après 4 à 5 mois de traitement, seule une partie de la population animale développe des effets secondaires (dyskinésies), les chercheurs ont identifié les protéines distinguant ces deux populations. Ce résultat important leur permet de sélectionner un certain nombre de cibles thérapeutiques potentielles. Les scientifiques vont désormais s'atteler à les valider afin de développer, in fine, des co-traitements. Ces derniers permettraient de continuer à utiliser
1) Synthétisé dans le cerveau, ce neurotransmetteur – messager chimique entre les neurones – est impliqué dans le contrôle des mouvements.
2) Malgré les effets secondaires qu'elle engendre, la L-Dopa est le meilleur remède pour traiter la maladie de Parkinson du fait de son large spectre d'action (non seulement elle permet la synthèse de dopamine et de noradrénaline, mais elle module l'activité des neurones à sérotonine, également touchés dans cette pathologie).
3) Ces travaux ont été réalisés en Chine dans le laboratoire dirigé par E. Bezard à l'Académie des Sciences médicales de Beijing.
Striatal proteomic analysis suggests that first L-dopa dose equates to chronic exposure.Birger Scholz, Marcus Svensson, Henrik Alm, Karl Sköld, Maria Fälth, Kim Kultima, Céline Guigoni, Evelyne Doudnikoff, Qin Li, Alan R. Crossman, Erwan Bezard, Per E Andrén. Plos One. 13 février 2008.
Chercheur
Erwan Bezard
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Presse
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