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Brèves

Des souris pour le Tour de France
Des chercheurs ont mis au point un modèle animal de « sportif de haut niveau » et répondent, du même coup, à la société organisatrice du Tour de France qui s'interrogeait sur la performance parfois surhumaine des cyclistes du Tour. À partir de souris placées dans des cages à roue libre, Charles Cohen-Salmon et son équipe1 ont observé la formation d'un groupe de rongeurs « grands coureurs » et d'un groupe de « petits coureurs ». Cette expérience qui n'avait jamais été réalisée montre qu'une différence radicale d'aptitude naturelle à la pratique sportive intense peut exister entre individus d'une même population. Second résultat : les souris « grands coureurs » produisent de grandes quantités de corticostérone, normalement sécrétée en réponse à un stress. Le lien entre la pratique sportive et cette hormone – le cortisol chez l'homme – était connu, mais le modèle animal permettra de chercher des solutions aux problèmes de dépendance (liée à des mécanismes d'action de cette hormone) développée chez certains sportifs de haut niveau « à la retraite », qui compensent l'arrêt de l'activité physique intense par des substituts tels que la consommation excessive d'alcool ou de nourriture.
Contact : cohensal@ext.jussieu.fr

Influence insoupçonnée de l'ADN mitochondrial
Le transfert de l'ADN mitochondrial d'une lignée de souris vers une autre a montré que le fonctionnement cérébral et, notamment, la cognition s'en trouvent modifiés. Ces travaux publiés le 18 août dans la revue Nature Genetics ont été réalisés par Pierre Roubertoux et son équipe à l'Institut de neurosciences physiologiques et cognitives de Marseille. Modulés par l'ADN du noyau, ces effets sont amplifiés avec l'âge. Ces résultats prouvent que l'ADN des mitochondries2 aurait un impact sur la susceptibilité au vieillissement. Ils indiquent aussi que son rôle devrait peut-être être pris en compte lors de manipulations telles que le clonage ou certaines procréations médicalement assistées.
Contact : rouber@lnf.cnrs-mrs.fr
www.cnrs.fr/presse

À la recherche d'armes antiprion
Des chercheurs viennent de mettre au point un test pour isoler des molécules actives contre les prions. Comme plusieurs protéines de levure de boulanger se comportent à l'instar des prions, ils ont développé une méthode de criblage anti-« prions de levure ». Il s'agissait ensuite de vérifier si ce test était transposable aux prions de mammifères. Une hypothèse doublement confirmée puisque les quelques molécules efficaces in vitro contre le prion de mammifères se sont avérées actives contre les prions de levure et inversement. Des résultats qui constituent la première indication d'une conservation des mécanismes de contrôle, des prions de la levure à l'homme, et valident, à ce titre, la méthode.
Contact : blondel@sb-roscoff.fr
www.cnrs.fr/presse


Brèves : Stéphanie Belaud

 

Notes :

1. Laboratoire « vulnérabilité, adaptation et psychopathologie », Paris.
2. Compartiment cytoplasmique, siège de la respiration cellulaire.



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