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Cancer : le CNRS au cœur de la mobilisation nationale

150 000 morts chaque année : même si le nombre de cas de guérisons n'a jamais été aussi important, le nombre de victimes du cancer est, en France, en constante augmentation. Aujourd'hui, le gouvernement veut lutter contre ce fléau. L'occasion pour le CNRS de compter ses forces pour mener ce combat.

Le Plan de mobilisation nationale1, lancé en mars dernier par le président de la République, place aujourd'hui la lutte contre le cancer comme priorité absolue. Cette maladie en effet continue à faire des ravages, malgré les progrès effectués par la recherche médicale : 278 000 nouveaux cas par an. Patrick Gaudray, directeur scientifique adjoint du Département des sciences de la vie vient de recenser l'ensemble des recherches menées au CNRS2 dans ce domaine. Un état des lieux qui vient à point nommé et qui met en lumière « les forces de l'organisme en la matière, forces que l'on mesurait mal. » En effet, l'implication du CNRS dans la recherche médicale n'est pas aussi directe que celle de l'Inserm. Néanmoins, grâce à ses recherches fondamentales et à leurs applications, il apporte un tribut important à la lutte contre la maladie. « Tous les départements de l'organisme sont concernés et l'interdisciplinarité qui a toujours été forte au CNRS joue un rôle clé, notamment entre la chimie et les sciences de la vie pour la mise au point d'anticancéreux », précise Patrick Gaudray. Son travail de recensement a fait émerger une vraie question : où commence la recherche sur le cancer ? « Je prends le cas des sciences de la vie, continue-t-il : tous les éléments que l'on peut apporter à la connaissance du vivant - par exemple, en biologie cellulaire - , peuvent être pertinents pour la compréhension de cette maladie. » Mais quelles sont les recherches directement applicables à la lutte contre le cancer ? L'interrogation réside au cœur du Plan gouvernemental qui comprend un ensemble très large de mesures, de la prévention à l'accompagnement psychologique des patients en passant par le dépistage et les traitements et, bien sûr, une meilleure coordination de la recherche entre les organismes. Elle s'effectuera au sein d'une instance nationale, l'Institut national du cancer, qui identifiera, évaluera et labellisera des pôles régionaux, dits « cancéropôles ». Leurs rôles : coordonner les recherches des équipes du CNRS, de l'Inserm, du CEA et des centres hospitalo-universitaires.
Le CNRS qui s'investira fortement a de nombreux atouts à faire valoir. En génétique et en biologie cellulaire, des progrès sont ainsi continuellement accomplis dans la compréhension des mécanismes qui conduisent aux altérations du fonctionnement des cellules et à la formation de tumeurs. En sciences chimiques, des traitements anticancéreux parmi les plus utilisés, comme le taxotère, ont été mis au point par le CNRS et développés par ses partenaires industriels. Dans le domaine de l'instrumentation, des chercheurs et ingénieurs créent et améliorent constamment les appareils indispensables au diagnostic précoce de la maladie, tels que l'échographie, la RMN (Résonnance Magnétique Nucléaire) ou le scanner. En physique, les recherches menées sur les accélérateurs de particules permettent d'améliorer les traitements des tumeurs par radiothérapie. Les chercheurs en informatique élaborent des outils qui permettent l'utilisation des plates-formes technologiques et la gestion de données de plus en plus vastes et complexes en cancérologie ; d'autres, en sciences de la Terre, explorent les relations du cancer avec l'environnement (soleil, pollution...), tandis qu'en sciences humaines, des études et des réflexions sociologiques, psychologiques et éthiques sur les patients et la maladie s'avèrent essentielles.
« Mais, toutes ces avancées ne doivent pas occulter le fait que les chances de voir un jour disparaître le cancer sont encore minces, conclut Patrick Gaudray. Il faut savoir rester humble face à ce fléau. Notre seule certitude, c'est que nous pouvons diminuer les risques grâce à la prévention, améliorer les traitements, la précocité du diagnostic et la prise en charge des patients et, évidemment, mener des recherches de qualité afin d'approfondir nos connaissances sur les mécanismes intimes de la maladie

Fabrice Impériali

Notes :

1. www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cancer/
index2.htm
2. www.cnrs.fr/SDV/cnrscancer.html

Contact

Patrick Gaudray
Tél. : 01 44 96 46 21
gaudray@unice.fr


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