Archives
Comment protéger le patrimoine scientifique
Les 20 et 21 septembre se tiendront les Journées du patrimoine. Mais au jour le jour, qu’en est-il ? Notes de recherche, vieux instruments, échantillons, documents administratifs constituent en effet autant de témoins « historiques » de la recherche actuelle. Et au final, un véritable patrimoine, qu’il est capital de conserver. En ce sens, des actions sont menées au CNRS pour transmettre les bons réflexes.
Le constat de départ ? «
Lorsqu’un chercheur prend sa retraite, qu’une unité ferme, qu’un instrument obsolète est remplacé, les notes des chercheurs, les instruments anciens, les échantillons ou objets collectés sur le terrain partent encore trop souvent à la benne », expliquent Françoise Girard et Christine Cazenave, deux documentalistes de laboratoires CNRS qui connaissent leur sujet (lire l’encadré ci-dessous).
Alors en pratique, que faut-il faire ? Résumée dans le guide pratique Archi facile ! et disponible sur Internet
1, la démarche est simple : «
Le premier réflexe est de prendre contact avec le documentaliste de son unité, sa délégation ou bien le Secteur des archives du CNRS », explique Marie-Laure Bachèlerie, archiviste et responsable de ce service qui s’occupe des documents écrits pour une partie de l’Île-de-France. Pour les écrits justement, «
il suffit de trier les documents selon leur nature (cahiers de laboratoire, de manipulations, dossiers de carrière, factures, etc.), de les ranger dans des cartons conçus pour cet usage en suivant certaines règles (ne pas mettre de doubles, ôter tout élément susceptible de rouiller comme les agrafes), et de les référencer avec précision à l’aide de formulaires ». Ces trésors sont ensuite conservés dans les conditions de température et d’humidité optimales au dépôt de Gif-sur-Yvette – qui compte à lui seul 10 kilomètres de rayonnages ! –, ou aux Archives nationales ou départementales. Ils deviennent alors un matériau historique consultable sous certaines conditions par les chercheurs, étudiants, universitaires, et même les particuliers. À Gif, l’on peut ainsi consulter le dossier de carrière de Frédéric Joliot, Germaine Tillion…
Pour les objets, s’il n’existe pas de structure dédiée au sein du CNRS, le Secteur des archives fait régulièrement appel au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), qui peut les prendre en charge. Le patrimoine scientifique mérite bien une union sacrée.
Bruno de la Perrière
Les différentes stratégies Quelle est la politique des organismes de recherche en matière de conservation du patrimoine ? À la suite de la rencontre « Formations des réseaux de la documentation » (Frédoc)1 qui avait réuni fin 2006 une centaine de professionnels de l’information scientifique et technique, Françoise Girard et Christine Cazenave ont coordonné un ouvrage qui répond à cette question. Conservation et valorisation du patrimoine des organismes de recherche2 présente la politique de plusieurs organismes scientifiques français (CNRS, Institut Pasteur, Inserm, CEA, Inra), européen (Cern) et hors Union européenne. 1. Une action de formation du Réseau national de l’information scientifique (Renatis), soutenu par la Mission Ressources et compétences technologiques. 2. Consulter la table des matières et commander l’ouvrage : http://renatis.cnrs.fr/spip.php?article18 |
Notes :
1. www.sg.cnrs.fr/bpc/pratique/archives/archives.htm