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Patrimoine

Le CNRS cultive notre héritage

Les 18 et 19 septembre, les Journées du patrimoine, dédiées cette année à la culture scientifique et technique, ont permis à une foule séduite de découvrir la science et son rôle dans la constitution et l'entretien de notre patrimoine. Héritier modèle, le CNRS participe depuis longtemps à cette entreprise, comme le prouve sa collaboration avec le ministère de la Culture et de la Communication, née en 1992 et réaffirmée en 2003 par la signature du troisième accord-cadre. Plus précisément, la politique de l'organisme s'articule autour de quatre axes qui comprennent chacun différents volets (étude, restauration, conservation, transmission) : « Le premier, le plus classique, concerne le patrimoine artistique, historique, archéologique et, depuis peu, industriel » décrit Laurence Caillet, directrice scientifique adjointe du département SHS, qui a piloté la mise en place de l'accord avec le ministère. Avis aux épistémologues : la deuxième thématique porte sur la conservation des archives scientifiques, nombreuses dans les laboratoires mais en péril si des mesures drastiques ne sont pas prises. Autres archives précieuses, les documents institutionnels, privés comme publics, devront dorénavant être conservés : c'est l'objet du troisième axe. Enfin, la reconnaissance et la protection du patrimoine vivant ou naturel (biodiversité, espèces animales en voie d'extinction, etc.) sont devenues des priorités pour l'organisme. Autant de vastes chantiers qui mobilisent plus de trente laboratoires liés au département SPI (Sciences pour l'ingénieur), Stic (Sciences et techniques de l'information et de la communication) et surtout SHS (Sciences de l'homme et de la société)1.

L'année dernière, le CNRS et le ministère de la Culture ont donc  consolidé le lien qui les unit. « Au menu, échanges de chercheurs, collaborations diverses autour, par exemple, de l'analyse physico-chimique des œuvres d'art, et participation du CNRS aux grands chantiers archéologiques dirigés par ce ministère et celui des Affaires étrangères qui en finance une large part », détaille Laurence Caillet. Le CNRS mène, en parallèle, une réflexion de grande ampleur sur la notion même de patrimoine : doit-on tout classer ? D'où vient ce désir de « patrimonialiser » notre histoire et quelle fonction attribuer à un concept si fluctuant ? « Il y a 40 ans, c'était le tourisme qui motivait la constitution d'un patrimoine ; aujourd'hui, il est perçu comme son pire ennemi ! » analyse la directrice scientifique. Enfin, que faire des milliards de films, de bandes-son et de pages Internet ? Sur ce point, le CNRS est déjà passé à l'action avec le concours de la Bibliothèque nationale. Leur projet : archiver un grand nombre de ces documents virtuels et éphémères. Pour que les visiteurs des futures Journées du patrimoine aient toujours l'embarras du choix. 

 

Matthieu Ravaud

Notes :

1. Voir www2.cnrs.fr/presse/
communique/540.htm


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