
Jean Rouch ou la passion de l'Afrique
Le rêve plus fort que la mort, titre prémonitoire peut-être du tout dernier film de Jean Rouch, ethnologue et cinéaste de cette Afrique noire qu'il aimait tant. C'est au Niger, alors qu'il était invité à présenter son œuvre ultime dans le cadre du festival du cinéma nigérien en février, qu'un accident de voiture a interrompu son parcours, long de 86 ans.
Ingénieur des ponts et chaussées de formation, Jean Rouch, à l'origine de l'audiovisuel au CNRS avec Haroun Tazieff, dirigea le Laboratoire « Systèmes de pensée d'Afrique noire ». Il y a 50 ans, il fonda également avec Marcel Griaule, Claude Lévi-Strauss, Roberto Rossellini et Henri Langlois, le Comité du film ethnographique, et présida par la suite la Cinémathèque française. Ce pionnier nous a laissé quantité de photos et de films tournés dès la fin des années 40. Le cinéma vérité qu'il affectionnait inspira les réalisateurs de la Nouvelle vague. Saluons enfin son œuvre de tolérance et de fraternité avec le peuple africain.