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Paris, 24 mai 2007

Evolution préoccupante du taux de CO2 présent dans l'atmosphère

Deux articles, publiés jeudi 17 mai, révèlent des résultats préoccupants sur l'évolution du taux de CO2 présent dans l'atmosphère. Cette évolution est le résultat des émissions (combustibles fossiles, déforestation), pondérées par les puits de carbone (océans, écosystèmes continentaux) qui absorbent près de la moitié des émissions. Selon une collaboration internationale (1) impliquant Philippe Ciais du LSCE/IPSL (2), les émissions du CO2 des combustibles fossiles ont augmenté plus rapidement que prévu. Ces analyses font l'objet d'un article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences. L'autre étude, publiée dans Science, menée par une équipe internationale de scientifiques spécialisés dans l'observation et la modélisation du cycle de carbone océanique et atmosphérique, comprenant des équipes du LSCE/IPSL et du LOCEAN/IPSL (3), démontre une saturation du puits de carbone dans l'océan Austral. L'intensification des vents dans cette zone, en brassant les eaux de surface avec celles des profondeurs, riches en CO2, limite la quantité de CO2 atmosphérique que l'océan est capable d'absorber. Ces deux résultats vont dans le sens d'une accélération de l'augmentation du CO2 atmosphérique au cours des prochaines décennies.

Les émissions du CO2 des combustibles fossiles, cause principale du réchauffement climatique, ont accéléré globalement à un taux bien plus grand que prévu, passant de 1,1 %  par an dans les années 90 à 3% par an pour la période 2000 à 2005. Presque 8 milliards de tonnes de carbone fossile ont été émises globalement dans l'atmosphère en 2005, comparé à seulement 6 milliards de tonnes en 1995.

 

Chaque personne en Australie et aux Etats-Unis émet maintenant plus de 5 tonnes de carbone par an, pour 1,9 tonne en France, alors qu'en Chine, ce chiffre est seulement de 1 tonne par an. Depuis le début de la révolution industrielle, les Etats-Unis et l'Europe totalisent plus de 50 % du total des émissions globales accumulées depuis plus de deux siècles. La Chine, quant à elle, représente moins de 8 %. Les 50 pays les moins développés ont ensemble contribué à moins de 0,5 % des émissions cumulatives globales sur 200 ans.

 

L'augmentation des émissions de CO2 est plus alarmante que le pire scénario retenu par le GIEC, le groupe international d'experts sur l'évolution du climat.

 

La seconde étude publiée dans la revue Science indique qu'il ne faut pas compter sur l'océan Austral pour absorber l'excès de CO2 émis dans l'atmosphère. Cette partie de l'océan absorbe chaque année environ 15 % du CO2 émis par les activités humaines mais l'étude dirigée par Corinne Le Quéré, de l'Université d'East Anglia et du British Antarctic Survey (UK), indique que sa capacité à capter et stocker le principal responsable de l'effet de serre stagne.

 

C'est le changement climatique lui-même qui est responsable de cette stabilisation. Dans l'hémisphère sud, le réchauffement climatique et l'accroissement du trou d'ozone génèrent des variations de température ayant pour conséquence l'augmentation de la force des vents. Ces derniers soufflant plus violemment, ils brassent les eaux de surface avec les eaux océaniques profondes, riches en CO2, limitant ainsi le pompage par les eaux de surface du CO2 atmosphérique.

 

Cette étude a bénéficié en France des observations de CO2 océanique (programme OISO) et atmosphérique (programme RAMCES) menées depuis plusieurs années dans les latitudes sud de l'océan indien, et dirigées respectivement par Nicolas Metzl (CNRS-LOCEAN/IPSL) et Michel Ramonet (LSCE/IPSL). Les deux services d'observation labellisés par l'Institut national des sciences de l'Univers (INSU), OISO et RAMCES, sont aussi soutenus par le CEA, le CNRS, l'Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) et l'Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL).


Notes :

(1) Collaboration internationale rassemblant des économistes, des experts en matière de cycle du carbone et d'émissions, rassemblés autour du Global Carbon Project coordonné par le Pr. Mike Raupach de la CSIRO (Australian Commonwealth Scientific and Research Organization) en Australie et impliquant le LSCE, pour mesurer les émissions globales de carbone et leurs facteurs.
(2) Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement de l'Institut Pierre Simon Laplace (CEA-CNRS-UVSQ).
(3) Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques de l'Institut Pierre Simon Laplace (Université Paris VI-CNRS-IRD-MNHN)

Références :

Saturation of the Southern Ocean CO2 Sink Due to Recent Climate Change Le Quéré C., C. Rödenbeck, E.T. Buitenhuis, T.J. Conway, R. Langenfelds, A. Gomez, C. Labuschagne, M. Ramonet, T. Nakazawa, N. Metzl, N. Gillett, and M. Heimann Science, May 2007

Global and regional drivers of accelerating CO2 emissions Raupach M., G. Marland, P.Ciais, C. Le Quéré, J.G. Canadell, G. Klepper, and C.B. Field PNAS, May 2007

Contacts :

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01 44 96 46 06
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