Moteur de recherche

 

Espace presse

Paris, 30 mars 2006

Pourquoi certains animaux sont-ils altruistes ?

Des chercheurs du laboratoire d'écologie de l'Université Pierre et Marie Curie (ENS-CNRS) et du Royal Holloway College (Londres, Royaume-Uni) viennent d'expliquer l'évolution des comportements altruistes chez l'animal.
L'observation dans la nature de coopérations entre individus, et la détection de gènes favorisant ce phénomène, se heurtent à la théorie darwinienne de l'évolution qui prédit un meilleur succès des égoïstes. L'utilisation de modèles mathématiques a permis d'apporter une nouvelle explication à la surprenante pérennité de ces comportements qui semblent de prime abord préjudiciables aux individus qui les expriment.
Ces travaux paraissent dans Nature du 30 mars 2006.

La théorie darwinienne de l'évolution inspire encore de nos jours bien des débats scientifiques. Un des phénomènes les plus sujets à discussion est celui de l'altruisme, régulièrement observé chez de nombreux groupes animaux. Il s'agit d'un comportement d'aide à autrui, aux dépens des bénéfices propres de l'individu qui l'exprime. D'une manière générale, les altruistes s'aident exclusivement entre apparentés, et contribuent ainsi indirectement à la propagation d'une partie de leurs gènes (on parle de sélection de parentèle). Mais les individus "égoïstes" peuvent très bien "tricher" et se faire aider sans rien donner en échange ! Comment lutter contre ces tricheurs qui, favorisés, risquent de mieux réussir et de se répandre dans la population ?  W.D. Hamilton, l'un des fondateurs de la théorie de l'évolution moderne, a supposé que les altruistes étaient capables de se reconnaître entre eux. Mais cette hypothèse, ne tient pas compte des formidables facultés d'adaptation des êtres vivants. La théorie dite des "barbes vertes" met en images cette contestation : supposons que les altruistes portent, pourquoi pas, une barbe verte pour s'identifier les uns les autres. Les quelques égoïstes de la même espèce qui portent également des barbes vertes auront la possibilité de tricher… Et réussiront encore une fois aux dépens des altruistes ! La réalité semble donner raison à cette théorie car de tels cas ont effectivement été observés en milieu naturel. Il ne s'agit pas, bien évidemment, de barbes vertes mais, par exemple, d'odeurs chez les fourmis, et de molécules émises par des bactéries.

 

Vincent Jansen et Minus Van Baalen, du Laboratoire d'écologie de l'Université Pierre et Marie Curie (ENS-CNRS), viennent d'apporter un nouvel élément en faveur de l'explication de Hamilton. A l'aide de modèles mathématiques, ils démontrent en effet que la coopération peut être sélectionnée au cours de l'évolution si les altruistes sont capables de "changer la couleur de leur barbe" lorsque les tricheurs deviennent trop abondants. Dans ce jeu du chat et de la souris à l'échelle de l'évolution, les altruistes ont donc toujours une longueur d'avance sur les tricheurs.

Cette découverte explique l'énigme posée par la détection chez de nombreux organismes de gènes favorisant les mécanismes de reconnaissance entre altruistes.


Références :

Vincent Jansen & Minus Van Baalen. Altruism through beard chromodynamics. Nature, 30 mars 2006.

Contacts :

Chercheur
Minus Van Baalen
T 01 44 32 36 89
minus.van.baalen@ens.fr

Presse
Isabelle Bauthian
T 01 44 96 46 06
isabelle.bauthian@cnrs-dir.fr


Haut de page

Derniers communiqués
Toutes disciplines confondues

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique