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Paris, 10 juin 2009

Les pères favorisent-ils les enfants qui leur ressemblent ?

La théorie de l'évolution de Darwin prédit que les hommes s'occupent davantage des enfants qui leur ressemblent. Une équipe de l'Institut des sciences de l'évolution (CNRS / Université de Montpellier 2) a vérifié cette prédiction dans une étude publiée en ligne dans l'édition avancée de la revue Animal Behaviour.

L'investissement du père dans les soins et l'éducation de l'enfant est un facteur décisif pour son développement, sa croissance, voire même sa survie, particulièrement dans les pays où la mortalité infantile est importante. Dès lors que ce comportement est transmis de génération en génération, il peut évoluer par la sélection naturelle. La théorie de l'évolution prédit que les hommes doivent avoir développé la capacité à reconnaître leurs enfants biologiques. Cette reconnaissance du lien paternel génétique peut se faire sur la base de la ressemblance des traits physiques.

L'étude de l'équipe de l'ISEM(1) a ainsi montré pour la première fois que l'investissement paternel est en partie influencé par des similitudes d'origine génétique.

L'étude a été menée dans plusieurs villages du Sénégal où les chercheurs ont mis en place une méthodologie pour quantifier à fois l'investissement des pères et leur ressemblance avec leur enfant. Au total, 30 familles ont été sollicitées, chacune contenant 2 enfants. Pour noter l'investissement du père, les mères ont répondu à un questionnaire où elles devaient évaluer le temps que passe le père à s'occuper de l'enfant, son attention, son affection, ou même l'argent qu'il peut donner… D'après ses réponses, un indice d'investissement était attribué au père. Des personnes venant de villages différents et ne connaissant pas ceux des premiers villages ont participé à l'évaluation de la ressemblance des visages et des odeurs. Pour les visages, une photo de chaque enfant était montrée avec celles de trois hommes, dont le père ; pour l'odeur, de la même façon, l'évaluateur devait comparer les odeurs d'un tee-shirt porté par l'enfant avec celles de deux hommes. Chaque fois que le père était reconnu, on lui attribuait un point de ressemblance, constituant au final un indice de ressemblance. Le croisement de ces indices a mis en évidence une corrélation entre l'investissement paternel et la ressemblance avec l'enfant. L'étude a également confirmé explicitement l'impact positif de la présence du père sur les conditions de nutrition et de croissance de l'enfant. Dans cette région, les enfants qui bénéficient de la présence paternelle ont des conditions de vie clairement améliorées.

Sur le plan des théories darwiniennes, très peu d'études ont jusqu'alors été faites sur le lien entre l'investissement paternel et les ressemblances d'origine génétique, et aucune n'avait été faite avec des familles réelles. Ces résultats représentent aujourd'hui une étape importante dans l'étude de l'évolution de l'investissement paternel. L'équipe de l'ISEM a également mené une étude sur l'investissement des pères en France dont les résultats seront publiés dans les mois à venir.



Notes :

(1) Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS / Université de Montpellier 2)

Références :

Father–offspring resemblance predicts paternal investment in humans, paru en ligne dans Animal Behaviour le 28 mai 2009
Alexandra Alvergne, Charlotte Faurie, Michel Raymond

Contacts :

Chercheur l Charlotte Faurie l T 04 67 14 46 32 l charlotte.faurie@univ-montp2.fr

Presse CNRS l Jonathan Rangapanaiken l T 01 44 96 51 37 l jonathan.rangapanaiken@cnrs-dir.fr


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