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Paris, 31 juillet 2007

Comment la protéine prion pénètre dans les cellules immunitaires

Sur les encéphalites spongiformes transmissibles, comme la maladie de la vache folle, beaucoup reste encore à comprendre. Ces maladies neurodégénératives sont liées à l'entrée dans l'organisme de la protéine pathogène PrPSc (aussi appelée protéine prion). Il s'agit de la forme variante de la protéine PrPc, normalement présente à la surface de nombreuses cellules chez les mammifères. Elément-clé de l'immunité innée, le complément (1) regroupe un ensemble de protéines, dont la protéine C1q. Sachant que cette dernière interagit directement avec PrPSc, des chercheurs grenoblois du laboratoire "Adaptation et pathogénie des micro-organismes" (CNRS / Université Joseph Fourier Grenoble 1) (2) se sont intéressés à la nature de cette interaction et à ses conséquences biologiques. Ils ont dans un premier temps exprimé différents variants de la protéine PrPc, dont certains ont été par la suite agrégés (oligomères). Ces équipes ont alors découvert que seules les formes oligomérisées de la protéine prion se liaient à C1q et activaient le complément. Ce qui déclenchait une cascade de réactions pro-inflammatoires. Or, contrairement aux monomères - qui sont similaires à la protéine saine PrPc et ne fixent pas C1q -, ces oligomères possèdent des caractéristiques physico-chimiques de la forme infectieuse. Ces résultats suggèrent que le facteur C1q agit comme "détecteur" naturel de la conformation pathogène de la protéine. Ainsi, en captant les prions, C1q faciliterait leur pénétration dans les cellules immunitaires, premières cibles de sa réplication. De plus, l'activation du complément entraînerait une réaction inflammatoire locale qui amplifierait cette réplication cellulaire. Publiés on-line ce mois de juillet 2007, dans la revue Cellular Microbiology, ces travaux annoncent le développement de stratégies thérapeutiques visant à combattre ces maladies.

Notes :

(1) Le complément désigne des protéines présentes dans le sérum sanguin, appelées facteurs, responsables de l'immunité innée (non-spécifique) et agissant à travers une cascade de réactions. On dit alors que le complément est activé.
(2) En collaboration avec des chercheurs appartenant à l'Institut de biologie structurale Jean-Pierre Ebel (CEA / CNRS / Université Joseph Fourier Grenoble 1), et à l'unité de "Biologie structurale des interactions entre virus et cellule-hôte" (CNRS / Université Joseph Fourier Grenoble 1 / European Molecular biology laboratory)

Références :

Activation of classical pathway of complement cascade by soluble oligomers of prion. Chantal Dumestre-Pérard, Joseph Osmundson, Catherine Lemaire-Vieille, Nicole Thielens, Audrey Grives, Bertrand Favier, Françoise Csopaki, Marc Jamin, Jean Gagnon and Jean-Yves Cesbron. Cellular Microbiology. Publié en ligne le 10 Juillet 2007.

Contacts :

Contact chercheur
Jean-Yves Cesbron
T 04 76 63 71 60
jean-yves.cesbron@ujf-grenoble.fr

Contact presse
Priscilla Dacher
T 01 44 96 46 06
priscilla.dacher@cnrs-dir.fr


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