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Le CAP CNRS : Un an de résultats

Le 21 mars 2002, l'Etat et le CNRS signaient un Contrat d'action pluriannuel, - le CAP -. Ce document définissait, pour les quatre ans à venir, les grandes lignes de la politique du Centre. Geneviève Berger, directrice générale fait le point un an après la signature.

La place qu'occupe le CNRS au sein de la recherche nationale et européenne lui confère des responsabilités particulières puisque notre organisme est un élément de poids dans la structuration des actions de recherche, la définition et l'animation de la politique scientifique. Le CAP qui définit les priorités scientifiques, les principales lignes de la gestion des hommes et du management de l'organisme, nous permet de mieux les assumer. C'est donc un document précieux. Claudie Haigneré, nouvelle ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies nous a précisé dans un courrier du 26 décembre 2002 que "les trois objectifs de ce document (1) que sont la synergie entre recherche fondamentale et appliquée, l'interdisciplinarité et le choix des priorités scientifiques sont bien entendu confirmés" . Ceci confortait donc le CNRS et son équipe dans ses choix et ses orientations. En un an nous avons largement avancé. Et il est temps de faire un premier bilan.

L'interdisciplinarité : elle est la raison même d'être du CNRS et elle se place en tête des priorités du CAP. Ma conviction profonde est, en effet, que l'enrichissement interdisciplinaire est la source la plus féconde de l'avancée des connaissances. Pour cette raison, nous avons décidé qu'un poste de chercheur sur cinq ouverts aux concours en 2002 et en 2003 présenterait un profil associant plusieurs disciplines.

De plus en 2003, à côté des sections du Comité national, cinq commissions interdisciplinaires (2) ont été créées. Elles rencontrent un succès considérable puisque, dans ces commissions, 514 candidats se sont déclarés pour les 32 postes ouverts aux concours. Par ailleurs, de nombreux chercheurs et plusieurs laboratoires, ont d'ores et déjà, demandé à bénéficier d'une évaluation par ces instances, preuve s'il en fallait de la difficulté qu'ils rencontraient à faire reconnaître la spécificité de leurs travaux par les sections disciplinaires.

La carrière des chercheurs : force est de reconnaître que l'accompagnement des chercheurs dans l'évolution de leur vie professionnelle est très insuffisant. Il fallait donc résoudre ce problème. Plusieurs actions du CAP apportent des éléments de réponse.

En premier lieu, à la fin de la session d'évaluation en cours, les directeurs scientifiques inviteront les directeurs d'unités à avoir un entretien avec les chercheurs évalués cette année, à partir de l'avis de la section du Comité national. Ce sera l'occasion de faire un bilan de l'activité du chercheur et d'évoquer avec lui ses perspectives d'évolution.

Ensuite, dès l'automne, l'affichage des postes de chercheurs à la mobilité sera institutionnalisé. Ce qui hier était fait, le plus souvent, à partir d'initiatives individuelles sera organisé au niveau du CNRS tout entier. Pour moi, la mobilité est une démarche légitime, pour ne pas dire souhaitable. Elle est bénéfique pour le chercheur comme pour l'organisme. Mais je veillerai bien sûr à ce que les équipes n'en soient pas déstabilisées.
Enfin, j'ai adressé, le 1er juillet dernier, un courrier à chacun des chercheurs évalués en 2003, les invitant à transmettre à leur section un rapport complémentaire, s'ils estiment qu'une part importante de leur activité est consacrée à la valorisation, l'encadrement d'équipe, à l'enseignement etc. Je souhaite favoriser une juste reconnaissance de ces activités nécessaires à la vie du CNRS. J'aimerais aussi susciter un engagement des scientifiques dans ces secteurs lorsque l'évolution de leur carrière les y conduit. C'est pour cette raison que j'attribuerai un poste de Directeur de recherche 2ème Classe sur cinq aux chercheurs particulièrement engagés dans des actions de valorisation.
Entretien, mobilité, évaluation de tous les volets de l'activité, ne sont que les parties d'un tout dont le but est de mieux accompagner la vie professionnelle des chercheurs pour le plus grand bénéfice des hommes et du CNRS.

Réflexions sur le management : l 'existence même du CAP imposait une réflexion sur la manière de traduire ses orientations en action. Il fallait donc se pencher sur l'efficacité du management du CNRS. Des groupes de travail qui réunissaient Directeurs d'unité, Directeurs scientifiques adjoints, Délégués régionaux, Directeurs scientifiques ont donc été constitués. Leurs travaux déboucheront, dans quelques semaines, sur une charte de l'encadrement qui décrira, de manière opérationnelle, les responsabilités des divers échelons de l'organisme afin de permettre, à chaque niveau de l'encadrement, d'exercer ses responsabilités en toute connaissance. Ce document devra "vivre" et être à l'origine de la rénovation des relations entre nos divers échelons hiérarchiques.

Une nouvelle politique pour les unités mixtes de recherche :
la politique de généralisation des UMR est arrivée à son terme . Féconde hier, elle a généré une grande complexité de gestion, véritable frein au bon fonctionnement des unités. C'est la raison pour laquelle, à l'occasion du CAP et en accord avec notre tutelle, une nouvelle approche de la collaboration avec les universités a été décidée. Avant chaque signature d'un contrat avec les établissements d'enseignement supérieur fortement impliqués dans les UMR, nous organiserons une négociation préalable afin de définir en commun des orientations de politique scientifique. Cette approche a été testée expérimentalement avec quelques universités de la vague A. De nombreux établissements se sont déclarés candidats pour la vague B. (3)

Cette nouvelle approche et son succès constituent une chance pour l'organisation de la recherche en France. Les priorités dégagées par les directions des établissements sont conservées tout en associant les forces de recherche des différents organismes. Bien sûr, l'ensemble des partenaires doit se placer dans une dynamique positive. Je me porte garante que ce sera le cas du CNRS.

La construction de l'espace européen de la recherche: Elle est également un rendez-vous majeur fixé par le CAP. Une étude approfondie a permis la sélection d'une centaine de propositions de Réseaux d'excellence et des Projets intégrés coordonnés par des unités du CNRS.La préparation des projets est complexe. Et les questions soulevées tout à fait nouvelles. J'ai donc demandé à la Direction des Relations Internationales de mettre en ligne "une foire aux questions" afin d'aider les porteurs de projets.

Les autres étapes franchies : d 'abord, il y avait au 30 septembre 2002, 1330 agents de plus employés au CNRS qu'en 2000. Et le problème des postes vacants était résolu. Ensuite, un guide à destination des comités d'évaluation des unités a été réalisé. Il insistait sur la nécessité de mettre en regard, projet de recherche, moyens mobilisés et résultats obtenus. Enfin, la prospective de l'emploi scientifique (ITA et chercheurs) acte politique majeur, sera présentée au Conseil scientifique et au Conseil d'administration lors de leur séance de juin prochain.

Un très gros travail a donc été réalisé cette année. Lorsque le CAP soufflera sa deuxième bougie, de nouvelles étapes auront été franchies. C'est une chance de disposer d'axes politiques clairs. Cela nous impose de mobiliser les moyens dont nous disposons sur les priorités et d'éviter une dispersion des forces. Nous montrons ainsi que le CNRS sait s'adapter, réagir et atteindre les objectifs qu'il s'est fixés. C'est la meilleure manière de montrer notre attachement à cette grande maison.


(1) signé par son prédécesseur

(2) Les 5 commissions sont les suivantes :

  • Physique et chimie des interactions et des assemblages biologiques
  • Bio informatique, mathématiques et modélisation des systèmes biologiques
  • Cognition, langage, traitement de l'information systèmes naturels et artificiels
  • Environnement continental logiques et fonctionnements des écosystèmes
  • Astroparticules


La liste de leurs membres et les agendas se trouvent sur le site du CNRS à l'adresse suivante : http://www.cnrs.fr/sgcn/commiss/present.htm

(3) Chaque vague correspond à un ensemble d'universités regroupés régionalement. Il y a quatre "vagues" A, B, C et D qui passeront des contrats avec le CNRS pour des périodes différentes.


Article paru dans le Journal du CNRS n° 160-161/avril-mai 2003

 




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